Installation  d’art contemporain

Dissiper la brume, Création pour l’exposition Le Jour de l’Abolition, au musée Léon Dierx du 27 avril au 15 septembre 2019




Je propose ici une installation qui invite le visiteur à une ballade.
Son point de départ est la fin de l'esclavage représenté par le tableau d’Alphonse Garreau . Les visiteurs passent derrière le tableau, de manière autant figurative que littéraire, pour y découvrir l’autre vérité de ce moment historique: l’affranchissement des esclaves.

Des feuilles de plexiglass, portant les noms donnés aux esclaves en 1848,
créent un parcours au milieu d’une foule symbolique. Le public est invité à déambuler parmi elle, à faire partie de cette foule. Parmi ce paysage, des miroirs dont les formes libres reflètent la silhouette ou les visages des visiteurs, contribuent à les projeter dans l’événement. Femmes, hommes, enfants présents dans le musée se mêlent aux noms présents sur ces listes, se fondent dans cette scène et font entièrement partie de l’œuvre. Chacun se voit et voit l’autre en transparence : tous s’impriment dans l’installation.

Le cheminement entre les noms représente aussi un mouvement allant du passé au présent dans lequel s’inscrit chacun d’entre nous. Le choix du plexiglass, une matière transparente, reflète aussi le souhait de mettre à nu, de mettre à jour la vérité de cet évènement, de clarifier la situation.

Les patronymes, classés par ordre alphabétique, sont inscrits en noir dans un contour qui prend la forme d’un nuage de noms. Lettre par lettre, on avance dans cet alphabet-héritage. Très denses en début de parcours, les caractères s’étiolent, s’affinent et se font de moins en moins gras, laissant de plus en plus passer la lumière en fin de parcours. Le visiteur entre dans la lumière, et sort de ce nuage noir du passé, et entre dans un présent clair et brillant dans lequel il appartient.

Photo de Jacques Kuyten